Solidarité avec Haïti - Le choc et l’urgence

Janvier 2010
dimanche 31 janvier 2010
par Admin , doyen
popularité : 4%

Dans le Loiret, Haïti a beaucoup d’amis. Avec ce nouveau drame du séisme du 12 janvier 2010, nous sommes nombreux à nous inquiéter : quelles nouvelles avons-nous, comment soutenir efficacement ? JPEG - 11.6 ko
Le Site du Doyenné du Montargois se met à disposition de ceux qui se sentent concernés sur notre Gâtinais et au-delà, pour relayer, en son domaine, les informations qu’il jugera utiles. Si vous souhaitez faire passer une information dûment vérifiée ou un message, écrivez moi : jacques.pissier@orange.fr
Père Jacques Pissier


MESSAGES DU 30 JANVIER

- Au nord-ouest du pays : comment accueillir l’afflux de sur-vivants de la capitale ? Témoignage

"Comme je l’avais imaginé, le Nord-Ouest n’a pas été touché comme Port au Prince, mais ils ont tout de même senti la secousse. Une personne a été blessée par un pan de mur tombé d’un marché de Port de Paix, mais sans gravité.

Des familles sont en attente, elles n’ont toujours pas de nouvelles. D’autres sont en deuil, parce qu’ils ont perdu un proche. Beaucoup ont des membres de la famille qui s’étaient installés à Port au Prince pour trouver un travail. Ceux qui ont survécu rentrent maintenant, les mains vides, et au lieu d’être soutiens de famille, ils deviennent à charge d’une famille qui n’a pas grand-chose à leur offrir.

Ceux qui rentrent n’ont pas toujours une famille pour les accueillir. Ils sont originaires de la région, mais depuis deux ou trois génération, ils étaient installés à Port au Prince. Le gouvernement haïtien avait mis des bus gratuit à la disposition de ceux qui voulaient retourner en province et les magistrats ( = maires. ndlr) locaux ont participé aussi à cette aide. A Saint Louis, ils ont mis des bateaux à la disposition de ceux qui voulaient aller sur l’île de la Tortue, par exemple. Bien sûr, quelques uns profitent de la situation pour spéculer sur les prix, pour les augmenter plus que de raison, mais dans l’ensemble, la solidarité est en œuvre.

Les marchandises arrivent surtout sur le port de Port au Prince. Ce dernier a été touché, et même s’il est remis en fonction par la Communauté internationale, il restera un moment au service de l’aide d’urgence. Dans le reste du pays, les prix montent déjà. Avec la libéralisation économique, le pays est devenu de plus en plus dépendant. Les produits de première nécessité comme l’huile, le sucre, le riz,… sont de plus en plus chers. Les transports qui permettent d’aller vendre les produits à la ville la plus proche, d’aller à l’hôpital, souffrent aussi de la pénurie de carburant.

Comment les parents vont-ils pouvoir rembourser les frais de fourniture de l’école ? Comment aider ceux qui arrivent sans rien ? Quelles ressources pourront-ils trouver ?"

Geneviève G.

- Une idée géniale !

Message reçu par Haïti soleil d’Espérance :

"Je suis co-présidente du Club solidarité dans mon lycée. Nous avons envie de faire un temps sur Haïti : témoignages, collecte de dons ; montrer de l’artisanat du pays, sa situation de pauvreté, son passé... Nous serions preneurs de votre exposition, d’objets de l’artisanat... A.M."

- De Talégrand : encore des nouvelles - comment aider et reconstruire ?

Des nouvelles de la famille

"Bonjour à tous et à toutes,

Si au sein de ma famille, je ne déplore pas de perte en vies humaines pour l’instant (c’est lorsque la communication aura été pleinement rétablie qu’on saura vraiment qui est mort et qui est encore en vie…), par contre j’ai perdu des ami(e)s. Et j’ai beaucoup d’ami(e)s ayant perdu des membres de leur famille. Je prends, par exemple, le cas de Mireille ( la brune qui est sur l’album intitule "Korije") qui vient d’arriver a Miami. Sa maison s’est effondrée. Elle est la seule, avec ses deux enfants, à sortir vivante des décombres. Sept autres personnes dont sa mère, son frère, sa nièce, sa belle-soeur, le père et le frère de sa belle-sœur, de passage au moment du tremblement de terre, une employée de maison ont péri…"

Comment aider ?

"Ensuite quelques suggestions A ceux et celles en France qui me demanderaient comment aider, je répondrais ceci :

a) Vous pouvez donner, si vous voulez, à la Fondation de France, la Croix-Rouge, au CCFD, au Secours Catholique…Ce sont des grosses structures traditionnelles et généralement fiables.

b) Mais également à une petite ville de province. Car, si certaines villes de province n’ont pas été directement touchées par la dévastation, beaucoup de gens y retournent après avoir tout perdu… Mais l’aide qui arrive actuellement sur Port-au-Prince, et qui a du mal à parvenir aux sinistrés, n’est pas destinée à ceux et celles ayant fui la Capitale. Or, sa nièce me dit que Gros-Morne et Riviere-Mancelle (son pays) (idem pour les autres sections communales) sont remplies et en larmes. Car, beaucoup de jeunes de la région étudient à Port-au-Prince. Si l’Etat existait dans ce pays, il aurait fallu aider les autorités locales à faire face à cette situation en attendant d’envisager la décentralisation.

c) Et aussi une communauté religieuse, comme celle des Petites Sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Je m’explique : dans la reconstruction, il faudra, à mon avis, faire de l’éducation une priorité. Le séisme a emporté beaucoup d’élèves, d’étudiants, d’universitaires, de professeurs, de cadres professionnels qui vont cruellement faire défaut au pays, déjà en butte a un taux d’analphabétisme trop élevé. Les Petites Sœurs de Sainte Thérèse sont une communauté autochtone travaillant dans les lieux les plus reculés du pays : les mornes, et accueillant dans un orphelinat à Rivière-Froide (non loin de Port-au-Prince) les enfants abandonnés pour leur offrir un minimum d’éducation et d’instruction. Etant une communauté autochtone, elles n’ont pas beaucoup d’ouvertures sur l’extérieur pour trouver d’aides. Or dans ce séisme, elles ont subi beaucoup de pertes comme le montre le bilan provisoire de la CHR (Conférence Haïtienne des Religieux et Religieuses) que je viens de recevoir : 4 Sœurs - 7 professeurs - 100 Élèves dont 60 morts et 40 blessés - 2 Maisons détruites - 5 Écoles.

Autrement dit, ceux et celles qui veulent aider ont le choix entre les grosses structures, une petite commune de province (je cite Gros-Morne a titre indicatif), une communauté religieuse, une association (même si je n’en ai pas indiquée) ou tout simplement des personnes.

Reconstruire

Enfin, certaines personnes m’ont écrit pour me demander : « Qu’est-ce que tu penses ? » « Qu’est-ce que tu comptes faire ? » « Comment te positionnes-tu par rapport à ce qui se passe actuellement en Haiti ? » Certains ont même ajouté « Si tu fais quelque chose, tu peux compter sur nous ». ... D’abord, je voudrais dire que je souffre réellement dans mon cœur, dans ma chair et dans mes pensées pour la perte de tant de vies humaines et la disparition en 35 petites secondes de tant d’années d’efforts difficiles. Il n’y a pas de mots pour l’exprimer…

Malgré tout, j’ai une foi inébranlable dans la capacité de résistance de mes compatriotes, leur détermination à pouvoir déplacer des montagnes et la possibilité pour Haïti de renaître de ses cendres, relevant ainsi et une fois pour toutes le défi de son développement. Je suis à la fois confiant , déterminé et volontaire. Mais je n’ai pas pour le moment les moyens d’action nécessaires…

Car, après le temps de l’urgence, il faudra faire une évaluation des dégâts et un diagnostic des besoins, afin d’entamer la phase de la reconstruction. C’est précisément ici qu’interviennent mes compétences.

Mais la tendance de la communauté internationale va être d’arriver avec un plan concocté par des experts internationaux dans les bureaux des grandes Capitales qui fournissent l’aide. Ceci n’est pas sans intérêt : l’argent servira à les aider à réduire le taux de chômage dans leur pays respectif. Bien sûr que la communauté internationale fera appel à quelques supplétifs. Mais en prenant bien soin que parmi eux et elles, il y en ait pas trop qui ont des convictions…

Du côté de mes compatriotes haitiens(nes) ce n’est guère mieux. Ils et elles surfent sur l’apport financier de la diaspora haïtienne qui contribue à hauteur d’un tiers dans le budget de l’Etat. Mais ils et elles nous dénient le droit de participer a la res publica (l’administration publique)...

En tout cas, je vous remercie tous et toutes pour cet élan de solidarité. J’espère que la mobilisation sera à la hauteur de ce choc , que la communauté internationale prendra en compte les avis des acteurs locaux qui doivent être les principaux acteurs de la reconstruction de leur pays et que le développement durable deviendra enfin une réalité en Haïti. Cordialement Talegrand

N.B. Que ce soit bien clair entre nous : je ne sollicite rien pour personne !

- Une vidéo reçue de Haïti : Villa Manrèse n’est plus.

C’était un havre de paix, une maison idéale pour s’arrêter un moment dans la chaleur d’une journée à courir en ville, pour une session, ou passer une bonne nuit à la descente des 11 h d’avion en provenance de France. Je m’y suis refait une santé pendant huit jours après un coup de palu... Hélas ! J.P.


MESSAGES DU 27 JANVIER

-  Voir traduction en français du message en créole de l’Eglise catholique, au 17 janvier

- Bulletins d’information du gouvernement haïtien.

Par l’intermédiaire du Collectif Haïti de France, nous arrivent deux bulletins d’information du gouvernement haïtien, l’un du 23 janvier, l’autre du 25 janvier. Alors que le gouvernement haïtien est soupçonné d’immobilisme, il est intéressant de voir, au contraire, comment s’organise la résistance et se prépare l’après-urgence. Extraits :

"Un tremblement de terre de magnitude 7.0 a frappé Haïti le 12 janvier 2010. Le tremblement de terre a été suivi de plus d’une centaine de répliques. C’est le tremblement de terre le plus destructeur de l’Histoire d’Haïti.

Suivent : Un bilan partiel en morts, disparus, blessés ; priorités et directives gouvernementales (transports, aide alimentaire) ; coordination des secteurs santé, aide alimentaire et eau, carburant et énergie, abris provisoires et reconstruction, sécurité, avec un ministre en support aux communes ; reprise des activités économiques (banques, électricité, port) ; appel aux dons promis..."

Plus d’infos : contact@collectif-haiti.fr - www.collectif-haiti.fr


MESSAGES DU 22 JANVIER

- Obsèques d’Elouane Faucheux et sa grand’mère Maud Le Fur

"Les obsèques d’Elouane Faucheux et de sa grand-mère Maud Le Fur auront lieu le mercredi 27 janvier à 10 heures à la cathédrale de Tours.Tous ceux qui le veulent sont invités à s’y joindre..."

- L’ACE soutient les enfants d’Haïti

Les responsables de l’Action Catholique du Loiret (voir page d’accueil de ce site), par leur Mouvement National, nous font part de leur solidarité avec les "Klib timoun Kè kontan" haïtiens que soutient l’Association Haïti Soleil d’Espérance. Voici leur communiqué.

Fédération Nationale de l’Action Catholique des Enfants 63 avenue de la République 92120 Montrouge

Montrouge, le 22 janvier 2010

L’ACE soutient les enfants d’Haïti

Suite au violent tremblement de terre qui a ravagé Haïti la semaine dernière, l’Action Catholique des Enfants invite tous ses membres et les sympathisants du mouvement à apporter leur soutien aux enfants haïtiens.

Par l’intermédiaire du Midade – mouvement international dont l’ACE est membre fondateur – un message a été envoyé dès les premiers jours aux enfants des clubs « Timoun ke kontan »

Aujourd’hui, il faut penser à l’aide d’urgence bien sûr, mais aussi à la reconstruction de l’île. L’ACE soutient l’appel aux dons formulés par le CCFD (l’ACE est membre de la collégialité qui le compose) et par son partenaire le Secours Catholique.

Des enfants sont privés de leurs droits les plus fondamentaux : manger, être soigné, aller à l’école mais aussi du droit à une vie de famille équilibrée et heureuse. Chacun doit se sentir concerné. Les enfants des clubs en France sont aussi invités à exprimer leur solidarité notamment en envoyant des messages (lettres, dessins, etc.)

www.ace.asso.fr

Contact : Fédération Nationale de l’Action Catholique des Enfants Déléguée communication : Geneviève Klein 06.71.06.26.26 – genevieve.klein@ace.asso.fr


MESSAGES DU 21 JANVIER

- Et si tout cela arrivait pour que renaisse Haiti ?

Emile B, prêtre haïtien, bien connu de plusieurs personnes dans le Loiret, a perdu sa soeur dans le séisme. En un saisissant raccourci, à l’occasion d’une célébration religieuse, il brosse l’histoire d’Haïti, et dit sa confiance par un chant que reprennent souvent les enfants des Klib Timoun Kè Kontan (Clubs des enfants heureux), Mouvement d’enfants proche de l’ACE (Action catholique des Enfants)

"Et si tout cela arrivait pour que renaisse Haïti ?

Au moment où nous nous retrouvons, pour faire mémoire des victimes des terribles tremblements de terre, il est important, aussi bien pour les amis solidaires de notre peuple que pour nous autres haïtiens, de considérer d’où vient ce peuple dont les victimes de cette catastrophe naturelle nous réunissent ce midi. Par là, je voudrais que nous ayons à l’esprit la dure réalité d’un peuple né dans la souffrance et qui continue de souffrir 200 ans après une lutte sanglante pour son indépendance.

Ce coin de terre appelé Haïti ou Quiskeya par les premiers habitants de l’île, était habité par des Taïnos à l’arrivée de Christophe Colomb, en décembre 1492, envoyé par la Reine d’Espagne. En foulant le sol haïtien, Christophe Colomb, face à la nature paradisiaque de l’île, s’est exclamé : "Es una maravilla !" C’est une merveille ! De plus, on y trouvait de l’or même dans les rivières.

Le Peuple pacifique, vivant en harmonie avec la nature, qu’étaient les taïnos, va être forcé de travailler dans des mines pour extraire le précieux métal tant recherché par les européens. De 1492 à 1507, d’une population d’un million d’habitants, ce peuple va être réduit à seulement 60.000 puis décimé dans sa totalité.

Bartolomé de Las Casas, un religieux dominicain, en défenseur des occupants de l’île, va proposer de faire remplacer les taïnos par des africains. Au XVIIème siècle, l’Espagne cède la partie ouest de l’île à la France. « La France y a déporté pendant cent cinquante ans un million d’hommes, de femmes et d’enfants d’Afrique, niant qu’ils fussent des êtres humains, les exploitant en esclavage d’une manière qui ne leur laissait qu’une espérance de vie de quelques années seulement », écrivait récemment l’écrivain philosophe français, Claude RIBBE. L’esclavage, avec son lot de répressions et d’humiliations, s’ installe en Haïti jusqu’à la fin de l’année 1803.

Après des luttes sanglantes, l’indépendance d’Haïti est proclamée le premier janvier 1804. Haïti devient, ainsi, la première République Noire indépendante du Monde, 2ème Etat indépendant sur le continent américain après les Etats-Unis d’Amérique. Directement ou indirectement, la nouvelle République contribue à la libération des autres peuples opprimés d’Amérique. Avec la révolution haïtienne, la Déclaration universelle des droits humains devient vraiment universelle parce qu’elle n’incluait pas les noirs.

21 ans plus tard, en 1825, le roi Charles X, par sa fameuse ordonnance du 17 avril 1825, exige au gouvernement haïtien de signer une reconnaissance de dette de 150 millions de francs or afin de dédommager les colons ayant perdu leurs esclaves et autres biens. "Cette indemnité de 150 millions, nous dit le français François BLANCPAIN, avait été calculée par la France sur la base d’éléments du temps de la colonie, eux-mêmes renforcés par la croyance en l’existence d’un fabuleux trésor que le roi Christophe aurait accumulé dans la citadelle Laferrière" [cf son livre : "Un siècle de relations financières entre Haïti et la France" (1825-1922) p56, Ed. l’Harmattan 2001].

Pour être sûr d’arracher cette signature au président haïtien, le roi Charles X envoie 14 bateaux de guerre dans les rades de Port-au-Prince. Evidemment, le président haïtien, Jean-Pierre BOYER, a dû signer ne pouvant pas affronter la flotte française. D’après François BLANCPAIN, Haïti continuait encore de payer cette indemnité jusqu’au XXème siècle (cf. le même livre).

La jeune République, endettée dès sa tendre jeunesse, va connaître l’instabilité pratiquement toute sa vie. Ses dirigeants vont créer un système d’apartheid ou d’exclusion. Tout va être conçu essentiellement en fonction et au profit des villes. Une très large priorité sera accordée à Port-au-Prince, la capitale, appelée par certains, "la république de Port-au-Prince" parce que le pays se réduisait, pratiquement, à sa seule capitale.

Les paysans qui constituent plus des trois quarts de la population seront qualifiés de "gens en dehors". Vivant hors de la ville, ils sont privés , d’eau potable, d’école, d’hôpitaux, d’infrastructures routières. Ils sont majoritairement analphabètes jusqu’à nos jours. Tout ce qui a trait au milieu paysan est méprisé même si on ne peut pas se passer des denrées qu’il produit. Le mot paysan devient une injure. Les gens des villes n’ont pas de considération pour ceux des campagnes et à l’intérieur des campagnes, ceux des plaines ou des vallées se croient supérieurs à ceux qui vivent dans les montagnes reculées. Il n’est pas rare de rencontrer un haïtien ou une haïtienne dont les parents ont fait des sacrifices pour lui permettre d’aller jusqu’à l’université et qui a honte de les présenter à son épouse ou à son époux ou tout simplement à des amis de la ville.

La société haïtienne est compartimentée en paysans "nèg an deyò", "nèg mòn", en gens lettrés s’exprimant en français et illettrés ne parlant que le créole. L’Eglise étant partie de cette société, elle n’échappe pas à ce cloisonnement : les belles églises ainsi que les écoles, par exemple, sont construites en ville et les campagnes sont négligées. Des protestants jugent et vont jusqu’à condamner les catholiques ; des cathos se croient être les seuls détenteurs de la vérité.

Ce qui devait arriver a eu lieu : l’exode rural. Des paysans appauvris, délaissés comme du « pitimi san gadò », sans encadrement, sans un système de crédit, avec des outils et des méthodes trop archaïques, vont prendre la direction des villes notamment celle de la "République de Port-au-Prince" la capitale où se trouve le centre de tout. Ceux et celles qui restent à la campagne continuent à déboiser pour survivre tout en cultivant une terre souvent trop fatiguée. Le déboisement non contrôlé entraîne l’érosion des terres dont la couche arable s’en va vers la mer. Une bonne partie de la population va suivre le même trajet que la bonne terre cultivable en risquant sa vie sur des petits bateaux de fortune pour devenir des "boat people".

Alors qu’Haïti était la colonie française la plus prospère et qu’elle faisait vivre un français sur huit en 1789. Le célèbre écrivain, Alexandre DUMAS, fils du général du même nom, a eu à écrire : « Il serait bon que les Haïtiens apprissent à la vieille Europe, si fière de son antiquité et de sa civilisation, qu’ils n’ont cessé d’être français qu’après avoir fourni leur contingent de gloire à la France ». Alors qu’Haïti a hissé bien haut le drapeau de solidarité avec les autres peuples du continent américain, ce pays est devenu aujourd’hui l’un des plus pauvres du monde.

La capitale conçue pour 200.000 habitants accueillait jusqu’au 12 janvier 2010 plus de 2 millions d’êtres humains. Des bidonvilles ont poussé presque comme des champignons. On construit où l’on veut et comme on veut. Pas besoin de permis de construire. Et pourtant, on sait que la capitale est construite sur une faille. Le géologue haïtien, Patrick Charles, l’a rappelé et a tiré la sonnette d’alarme en septembre 2008 : "Port-au-Prince est construite sur une grande faille qui part de Pétion-Ville, traverse toute la presqu’île du Sud, pour aboutir à Tiburon. En 1751 et en 1771, cette ville a été complètement détruite par un séisme. Je parie mes yeux que cela se reproduira. La science peut aisément le confirmer", a déclaré notre géologue (cf article de Phoenix Delacroix paru dans La Matin du 25 septembre 2008).

Pour la première fois, depuis les 206 ans de la proclamation de l’indépendance haïtienne, une catastrophe touche brutalement aussi bien les riches que les pauvres, les lettrés comme les illettrés, des paysans et des citadins, des catholiques et des protestants, elle a frappé très cruellement le centre du pouvoir, le gouvernement et le peuple.

A ma connaissance, c’est du jamais vu. Ce qui m’a amené à me poser la question : Et si tout cela arrivait pour que renaisse Haïti ? Ce qui est sûr et certain, c’est que le pays et son peuple ont besoin de renaître si nous ne voulons pas disparaître en tant que Peuple. En tout cas, je souhaite de tout mon cœur que cette catastrophe puisse réveiller notre conscience de peuple, susciter un mouvement d’unité nationale en même temps que cette grande solidarité internationale qui s’est mise spontanément en route. De façon à faire renaître l’espérance pour sauver Haïti, reconstruire notre pays !

Au-delà d’Haïti ce sont tous les Peuples de notre Planète terre qui ont besoin de renaissance, d’une vie en harmonie avec la Nature qui nous est confiée par le Créateur. Et si seulement cette série de séismes qui frappe Haïti pouvait faire prendre conscience, de cette urgente nécessité, à plus d’un peuple de la Terre !

Notre Seigneur Jésus nous a indiqué le chemin d’Amour, de Justice et de Paix qui peut nous conduire vers cette renaissance. Le chant liturgique haïtien "Tèt ansanm ak men nan men" ("Solidarité, main dans la main") traduit bien ce message de Jésus en nous invitant à chanter :

Solidarité, main dans la main Nous construirons un avenir différent, Où la justice, la paix et l’amour Véritables finiront par germer.

Nous avons besoin d’hommes sûrs, Nous avons besoin de femmes vaillantes, Pour bâtir un avenir différent. Par tous les moyens, nous devons changer de direction Pour faire un plan sur un autre écran Rebâtir avec de bons maçons."

Je vous invite à le chanter un peu comme un credo. Vous avez les paroles sur la feuille de chants :

Tèt ansanm ak men nan men N ap bati yon lòt demen Kote jistis, pè, renmen Tout bon va rive jèmen.

Nou bezwen gason kanson Nou bezwen fanm ki gen kran, Pou n bati yon lòt demen Kanmenm fò n chanje chemen Pou n fè ‘on plan sou ’on lòt ekran Rebati ak bon mason.

Prions pour que le Seigneur nous donne de suivre les pas de Marie, Notre-Dame d’Altagrâce (patronne de la République dominicaine mais vénérée par les 2 peuples habitant sur la même île), elle la porteuse de paix et d’espérance, qui a engagé tout son être pour devenir la Servante du Seigneur en se mettant au service de toute l’Humanité.

Suresnes en la fête de Notre-Dame d’Altagrâce du 21 janvier 2010, messe célébrée en mémoire de Natacha B, ses 2 collègues Judith et Claudette et toutes les autres victimes des séismes du 12 janvier."

Emile B e-mail : aumonerie@hopital-foch.org


MESSAGES DU 20 JANVIER

- L’Eglise aussi est durement touchée.

Voici le témoignage du P. Yves Voltaire, que j’ai connu comme responsable du seul journal en créole "Bonne Nouvelle". JP

Au moment des seismes j’etais au coeur de Port-au-Prince, de retour d’une reunion de coordination au ministere de l’education nationale qui depuis s’est transfome en un amas de blocs. J’ai perdu beaucoup d’amis dont 4 confreres pretres Pres d’une cinquantaine de religieuses sont ensevelies sous les decombres de leurs maisons religieuses. J’accompagne ma communaute paroissiale de Paillant ou l’on a egalement enregistre plusieurs victimes. Une douzaine de villes du sud ont ete frappees par le desastre : Leogane, Petit Goave, Miragoane, Anse a Veau, etc... Hier je suis revenu a Port-au-Prince pour les funerailles de plusieurs amis et parents de paroissiens dont le doyen Pierre Vernet mort sous les decombres de la faculte de linguistique appliquee avec plus de 300 etudiants. L’Universite GOC de 5 etages, pres de laquelle je descends quand je suis de passage a Port-au-Prince, s’est effondree avec un millier d’etudiants et de profs. Universite Quisqueya,la fac de genie civile de Leconte, une ecole des infirmieres, des hopitaux, tous transformes en un ramassis de sable en une fraction de seconde. Des dizaines d’eglises detruites ou serieusement endommagees. Les deux grands seminaires et le Cifor ont une quinzaine de seminaristes ensevelis sous leurs ruines. Peyi a frape fo nan tout kol men sitou nan tet... (Le pays a été frappé fort dans tout son corps mais surtout à la tête)

Il nous faut , entre autres et au plus vite, trouver des endroits dans le monde pour continuer la formation de nos seminaristes, de nos religieux et religieuses, de nos etudiants, de nos futurs professeurs....

Pres d’1 million de sans abris et de sinistres sont retournes dans leurs villages d’origine qui ne sont pas vraiment equipes pour les accueillir. Une décentralisation forcee qui merite d’etre bien geree. La reconstruction d’Haiti sera encore plus difficile et plus longue mais souhaitons le, plus solide. Merci des prieres et de la solidarite de nos amis etrangers, specialement de France. Paix et Amitie ! Yves


MESSAGES DU 19 JANVIER

- Ne dites pas malédiction ! ne parlez pas de pillages !

Bruno et Evelyne envoient un extrait du "Kiosque d’Ivan Levai, France-Inter, du 17 janvier.

Dans le MONDE, daté dimanche-lundi, Davy Laferrière enrage contre ceux qui parlent de malédiction pour Haïti.

Extrait : « C’est un mot insultant qui sous-entend qu’Haïti a fait quelque chose de mal et qu’il le paye. C’est un mot qui ne veut rien dire scientifiquement. On a subi des cyclones, pour des raisons précises, il n’y a pas eu de tremblement de terre d’une telle magnitude depuis deux cents ans. Si c’était une malédiction, alors il faudrait dire aussi que la Californie ou le Japon sont maudits. Passe encore que des télévangélistes américains prétendent que les Haïtiens ont passé un pacte avec le diable, mais pas les médias. Ils feraient mieux de parler de cette énergie incroyable que j’ai vue, de ces hommes et de ces femmes qui, avec courage et dignité, s’entraident. Bien que la ville soit en partie détruite et que l’Etat soit décapité, les gens restent, travaillent et vivent. Alors de grâce, cessez d’employer le terme de malédiction, Haïti n’a rien fait, ne paye rien, c’est une catastrophe qui pourrait arriver n’importe où.

Il y a une autre expression qu’il faudrait cesser d’employer à tort et à travers, c’est celle de pillage. Quand les gens au péril de leur vie, vont dans les décombres chercher de quoi boire et se nourrir avant que des grues ne viennent tout raser, cela ne s’apparente pas à du pillage mais à de la survie. Il y a aura sans doute du pillage plus tard, car toute ville de deux millions d’habitants possède son quota de bandits, mais jusqu’ici ce que j’ai vu ce ne sont que des gens qui font ce qu’ils peuvent pour survivre ».

- Peut-on envoyer des dons par l’intermédiaire de "Haïti Soleil d’Espérance" ?

Mot du trésorier :

"Je viens de recevoir un don pour Haïti à l’ordre de HSE (Haïti Soleil d’Espérance). Attention..... nous ne pourrons pas délivrer aux gens de reçus fiscaux pour la déclaration des revenus... Je précise que les dons doivent être envoyés soit au Collectif Haïti de France en utilisant le coupon réponse adéquat, soit à HSE mais en établissant le chèque à l’ordre de "véronique charité".

Note : "Véronique charité" est l’association par laquelle nous faisons passer régulièrement notre soutien financier aux Klib timoun kè kontan, en Haïti. Et régulièrement le trésorier nous accuse réception (voir Messages du 16 janvier : de Bertrand Jean-Milus)

- HAITI enfants en cours d’adoption

Josselyne TOUHÉ habite La Source. A travers sa fille Christine, en attente d’adoption d’un enfant haïtien ("nous avons sa photo partout dans la maison, il fait déjà partie de notre famille"), elle soutient l’initiative de nombreuses familles qui souhaiteraient faire accélérer les démarches de l’Etat français. Message :

"Nous soutenons le collectif "Adoption en Haïti" et à travers eux notre fille Christine. Voici le lien qui permet de lire nos propositions de signature de la pétition et des modèles de lettres que l’on peut envoyer aussi :

http://rapatriement-haiti.over-blog.com

Je vous remercie très sincèrement."


MESSAGES DU 17 JANVIER

- Message de l’Eglise Catholique en Haïti après le tremblement de terre

En créole

Mesaj Legliz Katolik nan Okazyon Tranbleman Tè d’Ayiti. Écrit par ecdha.org 17-01-2010

Ayisyen Frè ak se nou yo Sa ki Potoprens, tankou nan provens, Se nou tout k’ap soufri, Se nou tout ki pèdi, Nou pèdi fanmi nou, Nou pèdi zanmi nou, Nou pèdi byen nou, Nou pèdi. Nou prèt pou pèdi kouray. Men nou pa gen dwa pèdi lespwa ak lafwa nou nan Bondye. Sa k’ap detwi moun se pa volonte Bondye. Laperèz pa volonte Bondye pa nou an. Menm si labib pale de katastròf avan finisman tan yo, Paske se pa Bondye ki vle yo, li vle sèlman avèti nou Pou nou kapab prepare kè nou. Se travay sa a legliz la gen misyon pou l’ fè bò kote nou. Nou menm evèk an Ayiti yo, nou pèdi youn nan nou, nou pèdi pè, mè, frè, seminaris, ak pwòch kolaboratè nou. N’ap soufri, men nou p’ap dekouraje, Anpil legliz nou kraze, nou pran gwo kou, men travay nou ap kontinye. Nou p’ ap lage nou e nou p’ap janm lage nou paske : « moun se chimen Bondye . »

« Kè kontan Bondye se lè tout moun sou tè a byen kanpe » Legliz vle soutni nou kenbe djanm. L’ap chèche sekou prese prese pou ede nou : Pou ede nou jwenn swen lasante, Pou ede nou jwenn enpe dlo, moso manje, Pou ede nou jwenn soulajman pou konsyans nou. N’ ap profite di nou : pinga pèson moun kwè ke se fòt pa yo, ou byen fòt pa yon lòt si bagay sa yo rive Menm si anpil legliz kraze, men pawas yo la, yo pa kraze, yo kanpe chak kote pèp Bondye a rasanble. Pè yo ap akonpanye nou. Yo kontan wè kijan youn ap konsole lòt. Malgre tout lapenn nou, nou paka pa jwenn yon ti soulajman lè nou wè kijan youn ap pran swen lòt, Kijan youn ap pataje ak lòt, Nou domi ansanm, nou lapriyè ansanm. Tou sa fè kè Bondye kontan anpil e li va beni nou, L’ap proteje nou. Pinga nou kite okenn move lide, ni lanbisyon, ni desespwa ak dekourajman chaje tèt nou ak kè nou. Jezikri p’ap janm lage nou. Se sa li promèt nou : « mwen menm m’ap avèk nou toulèjou jous denye bout tan yo » Nou konnen nou p’ap ka swiv li san nou pa pote kwa nou. Men nou konnen tou si nou soufri avèk li, avèk li nou va gen laviktwa, Si nou mouri avèk li, avèk li nou va viv.

Se pou Bondye resevwa lakay li tout frè ak sè nou yo ki pati kite nou. Se pou tout moun ki blese nan kò yo avèk nan kè yo, jwenn sekou lagras Bondye, ak sekou nan men frè yo. Se pou manman Pèpetyèl Sekou ki pa janm lage nou kontinye veye sou tout pèp Ayisyen.

Mesaj sa soti le 15 janvye 2010

En français

Message de l’Eglise Catholique en Haïti après le tremblement de terre

« Haïtiens, Frères et Sœurs de Port au Prince, de provinces, tous nous souffrons, tous nous avons perdu : nos familles, nos amis, nos biens. Nous avons perdu. Nous sommes prêts de perdre courage. Mais nous n’avons pas le droit de perdre l’espoir ni notre foi en Dieu. La destruction des personnes, ce n’est pas la volonté de Dieu. Notre Dieu ne veut pas la peur. Même si la Bible parle de catastrophes avant la fin des temps, Dieu ne les veut pas, il veut seulement nous avertir pour que nous puissions y préparer notre cœur. Voilà la mission de notre Eglise. Nous-mêmes, Evêques en Haïti, nous avons perdu l’un des nôtres, nous avons perdu des prêtres, des sœurs, des séminaristes et de proches collaborateurs. Nous souffrons, mais sans nous décourager. Beaucoup d’églises sont détruites, nous avons reçu un très gros choc, mais notre travail continue. Nous n’allons pas vous abandonner et nous ne vous abandonnerons jamais, parce que « l’homme est le chemin de Dieu »

« Dieu est heureux quand tout homme sur terre se tient debout. » L’Eglise veut vous soutenir fermement. Elle va rapidement vous chercher des secours : pour trouver des soins de santé, un peu d’eau, un peu de nourriture. Pour vous aider à soulager votre conscience. Nous en profitons pour vous dire : que personne ne croit que c’est de sa faute, ou bien la faute des autres si tout cela est arrivé ! Même si de nombreuses églises sont écroulées, les paroisses sont là, non pas écroulées mais debout partout où le peuple de Dieu se rassemble. Les prêtres vont vous accompagner, ils sont contents de voir comment vous vous consolez mutuellement. Malgré notre peine, nous ne pouvons pas ne pas être soulagés de voir comment chacun prend soin des autres, partage avec les autres. Vous dormez ensemble, vous priez ensemble. Tout cela réjouit le cœur de Dieu, il va vous bénir, vous protéger. Ne laissez aucune mauvaise idée, ni ambition, ni désespoir ou découragement vous dominer la tête ou le cœur. Jésus-Christ ne nous abandonnera jamais. Il nous l’a promis : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » Nous savons bien que nous ne pouvons le suivre sans porter notre croix. Mais nous savons aussi que « si nous souffrons avec lui, avec lui nous vaincrons. Si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons. »

Que Dieu reçoive en sa maison tous nos frères et sœurs qui nous ont quittés. Que tous les blessés dans leur chair ou dans leur cœur trouvent le secours de la grâce de Dieu, et auprès de leurs frères. Que Notre Dame du Perpétuel Secours, qui jamais ne nous abandonne, continue de veiller sur tout le peuple haïtien. »

Message du 15 janvier 2010

- Mobilisation du côté de Cléry St André, de Poilly St Martin Message du Père Robert Leroy (mail : g.paroissial.clery@wanadoo.fr)

... "Les gens se mobilisent ici autour de l’association jumelage Cléry-Haïti. La commune de Jouy le Potier propose de faire un don Nous avons attribué les quêtes des messes de ce WE du 16-17 janvier pour Haïti.

L’association a créé un compte spécial séïsme Port au Prince : les dons transiteront par une congrégation religieuses de Port au Prince mais l’important c’est la suite : comment aider Haïti à se reconstruite il y avait un édito de Jacques Camus dans la Rép du Centre que j’ai trouvé très bien.

Il y aussi l’association Poilly St Martin (cornichons) Il y a encore l’association Sartrouville Gonaïves..."

- Question : Peut-on envoyer des dons en nature, et comment ?

Réponse de J.P :

"Sauf si des ONG bien connues le demandent un jour, il ne faut pas faire de dons en nature (nourriture, médicaments, vêtements...), car personne n’a les moyens de les acheminer, et nous ne savons pas ce dont ils ont besoin. De plus, qui va trier ? qui va répartir sur le terrain et à qui ? Nous voyons bien toutes les difficultés, inutile d’en rajouter. Par contre, les ONG ont besoin d’argent pour se procurer ce qu’il leur faut et qu’elles connaissent parfaitement.

Ex : Les Pères de St Jacques, présents à Port au Prince et dans tout le pays, achèteront sur place, soit des matériaux adaptés au pays (ciment, tôles pour les toitures), soit de la nourriture produite dans une autre région du pays, et cela aidera à relancer l’économie. Alors que si nous venons avec tout, nous en ferons encore plus des assistés et nous risquons souvent de nous tromper en toute bonne foi." JP


MESSAGES DU 16 JANVIER

- De Tinève, le 16 janvier Un ami haïtien nous rappelle que : "Haïti s’appelait maman liberté, elle est tombée, mais elle se redresse"

- Transmis par JF Couret, d’Orléans, le 16 janvier Message d’un prêtre de Port au Prince

"Je vous remercie d’avoir pense a nous et pour votre soutien. Vous etes deja bien informes de la situation, de la tragedie que nous sommes entrain de vivre ici. C’est indescriptible. Dieu seul sait ce que sera notre avenir puisque le present n’est que mort, destruction, desolation, pleur, cri, peur...

J’ai pratiquement tout perdu avec l’effondrement de l’archeveche de Port-au-Prince ou je residait. Dieu merci je suis vivant de meme que mes proches, par contre notre Archeveque Monseigneur Miot est mort.

J’ai appris que le nouveau campus de l’Université catholique, à Turgeau a subi des dommages et qu’il y aurait même des étudiants sous les décombres... Pere Jean Julien Ladouceur."

JF Couret, chef de groupe des Scouts d’Europe à Orléans et Villemandeur, signale que "Les Scouts d’Haïti se mettent à la disposition des sauveteurs. Il est possible de les aider via le site national des Scouts et Guides de France, avec lesquels ils ont un partenariat." (Voir les relais sur le Montargois en page d’Accueil)

- De Bertrand Jean-Milus, trésorier du Mouvement des Klib Timoun Kè Kontan, à Verrettes Contact : jeanmilus@yahoo.fr

En date de : Sam 16.1.10, jean-milus bertrand a écrit :

"Objet : remerciements et informations

"Mes chers Collaborateurs, Au nom de l’ASSOCIATION KLIB TIMOUN KE KONTAN (AKTKK), je l’honneur de vous remercier de votre franche solidarité avec nous d’Haiti et en particulier avec les Klib Timoun Kè kontan, les malheureux du tremblement de Terre s’abattant sur Haiti.

Je tiens à vous informer que ce tremblement de Terre frappe legèrement sur l’Artibonite. On observe que quelques fissures dans quelques rares maisons, comme dans le siège social de l’AKTKK. La ville de Port-au-prince, Pétion-ville, Léogane et de Petit-Goave sont detruites jusqu’à 80% selon les media. Cette destruction atteint tous les départements, toutes communes et toutes les localités du Pays sont atteints par cet événement du 12 janvier 2010, etant donné que tout est centralisé à Port-au-prince.

Grace à Dieu moi, ma famille, nos enfants des clubs, nos accompagnateurs ne sont pas directement touchés par la mort. Cependant, Certaines de nos proches se font tuer et d’autres sont hospitalisés ; et ont des maisons détruites.

A présent, l’Association de Klib Timoun Kè Kontan a déjà constitué une cellule d’aide et de solidarité en vue d’intervenir au près des Victimes.

Etant resté en contact, veuillez recevoir nos cordiales remerciements

Pour L’AKTKK : Jean-milus Bertrand."

- De Marie-Cécile N.

"Merci à tous ceux qui nous apportent leur soutien et leur réconfort dans ce moment terrible... Voici quelques nouvelles.

C’est vrai nous avons le coeur déchiré par l’annnonce des morts et blessés, tant d’amis haitiens et Français que nous connaissons et dont nous avons partagé un bout de vie avec eux. Ce soir , nous pensons et prions tout particulièrement pour Benoît, Mylène et Margot qui sont doublement endeuillés... et qui doivent avoir retrouvé ce soir le sol de la France et leur famille. Pour nous aussi, la maison était en pleurs ces derniers soirs, nous sommes toutes très atteintes...

Hier soir, M. a pu joindre, enfin !! par téléphone sa soeur à Gros Morne ( près de Gonaives) et nous donner des nouvelles rassurantes en partie ; la zone du Nord qui n’avait pas été épargnée par les cyclones successifs ( rappelez vous la ville de Gonaives recouverte par les eaux en 2008...) semble cette fois ci avoir été épargnée ; toute la famille de Tal qui vit dans cette zone est en vie. Mais nous n’avons pas de nouvelles de la famille qui vit à Port au Prince ( la nièce du frère ainé de Tal avec deux enfants, les deux soeurs de Tal et ses enfants) ; par contre son cousin, député, est sain et sauf car il avait du quitter le parlement pour une obligation familiale, mais sa maison est complètement soufflée... et sa femme est très " choquée"

A Rivière Froide, sur les hauteurs de Port au Prince, nos amies, les Petites Soeurs de Ste Thérèse sont très touchées : l’école et l’orphelinat sont détruits et il y aurait plus d’ une centaine d’enfants sous les décombres ; de même pour la maison mère à Port au Prince ; Combien de victimes ? combien de blessés ? nous ne savons pas encore... Et nous nous inquiétons pour beaucoup d’autres amis dont nous sommes sans nouvelles jusqu’à maintenant ...Tal qui a passé la fin d’année en Haiti pour accompagner une cousine et ses 4 enfants est rentré à Miami le 06 janvier, il essaie de contacter les amis, les connaissances, des religieuses, des prêtres, des responsables politiques et professionnels ; pour le moment environ une 50 taine de personnes sans nouvelles car plus rien ne fonctionne ...

Les survivants qui ont réchapppé et que Tal a pu joindre demandent de l’aide : aide financière pour appeler et rassurer leur familles car ils ne peuvent plus charger leur tél portable mais surtout, surtout pas de nourriture et d’eau , pas de médicaments. Il semble que les secours n’arrivent pas encore aux Haitiens et restent concentrés auprès des ressortissants étrangers ... la situation est très douloureuse pour tous . Depuis trois jours, notre nièce apporte sa contribution au consulat , avec une cellule de crise -à son initiative et celle de quelques jeunes- ils reçoivent les Haitiens , souvent en pleurs - qui cherchent à avoir des nouvelles de leurs proches à Port au Prince ... des journées harassantes à essayer de soutenir moralement ses compatriotes ... et à joindre les familles en haiti.

Mes amis, prions et prions encore...LE PEUPLE HAITIEN A BESOIN DE NOUS par notre prière commune et aussi par notre aide sous toutes formes pour l’urgence et pour la reconstruction . Certains demandent comment et à qui apporter une contribution... Pour le moment, vous pouvez le faire en priorité auprès des organismes comme la Fondation de France , la Croix Rouge, le Collectif haiti de France (www.collectif-haiti.fr ou contact@collectif-haiti.fr) Vous pouvez aussi partager ces quelques nouvelles avec d’autres amis que j’aurais oubliés involontairement.

Marie Cécile"


MESSAGES DU 15 JANVIER

- De Sr Suzanne, Franciscaine à Chalette

"Merci merci à vous tous si présents, merci pour ces liens

un grand soulagement pour moi : mes soeurs sont toutes saines et sauves ! mais plus de maison, le collège s’est effondré (5 étages) juste après le départ des enfants la maison des soeurs n’est plus habitable elles sont sur la rue comme la population elles n’ont plus rien elles essaient de s’occuper des personnes dans une grande détresse qui sont autour d’elles.

la maison dans laquelle j’ai fait la session au printemps et où je devais aller ce début février, la maison des soeurs de la Sagesse à Carrefour cette maison est complètement détruite et 6 soeurs sont ensevelies sous 4 étages de béton trois ont été sorties, décédées et enterrées aujourd’hui, les trois autres ne donnent pas signe de vie mais nul ne sait si elles sont encore vivantes

le séminaire de Port au Prince s’est écroulé sur des séminaristes qui sont bloqués dessous, on ne sait pas combien de morts combien de vivants et ..... c’est la panique ! c’est une immense détresse pour tous

je sais aussi que mes soeurs qui sont dans le nord ne sont pas touchées du tout par contre celles qui sont tout à fait au sud ont senti les secousses mais n’ont pas eu de dégat

voilà, c’est tout ce que je peux vous donner comme détails

merci à chacun et chacune de vous pour votre présence, ce sont des moments si difficiles je vous embrasse suzanne"

- De Mgr André fort, Evêque d’Orléans Pour lire son message : cliquez ici : http://catholique-orleans.cef.fr/index.php?2010/01/14/390-solidarite-avec-haiti


MESSAGES DU 14 JANVIER

De l’ACO (Action catholique ouvrière) en Haïti

"Chers amis, Nous venons de lire vos messages de solidarité et de sympathie à l’occasion de cette terrible catastrophe qui a ravagé tout Port-au-Prince. Nous en sommes très touchés. Pour le moment nous ne pouvons que manifester notre survivance et vous annoncer que le local de l’ACO d’Haïti a été complètement détruit. Plus d’édifices publics dans la capitale : le Palais national, les Ministères, le Palais Législatif, le Palais de Justice, la Cathédrale, les grandes maisons de commerce, les écoles publiques et privées, pour ne citer que cela, tout a été détruit. A côté de ce spectacle, les pertes en vie humaine sont innombrables. Le Trésorier national, même à Port-au-Prince, ne peut communiquer avec les autres membres de l’organisation. Merci de votre solidarité. Frisner Orélien, Trésorier National, ACO d’Haïti"

Transmis par Isabelle le P., d’un ami canadien

"Bonsoir a tous !!

Je vous envoie ce message car par miracle j’ai survecu a la tragedie en Haiti !! Pour ceux qui n’etait pas au courant j’y etais pour donner une formation sur les methodes d’elections aux Partis politiques d’Haiti invite par le NDI.

Déjà a mon arrive j’ai pu constater la pauvrete et la misere ds lequel vivent le peuple Haitiens. Mais j’ai aussi constate que c’est un peuple courageux et qui veut travailler a ameliorer sa société. Avec cette derniere tragedie ca sera tres difficile pour eux de s’en sortir !! Tout est detruit, c’est un desatre !!

Mardi j’etais de retour de ma presentation avec mon accompagnateur en direction de mon hotel quand a 16:53 le tremblement de terre a eu lieu. Mon accompagnateur grace a son agilite de conducteur a sauve nos vies. Je ne sais pas comment il a fait pour nous sortir de la mais il a fait avec brio !! Je lui ai dit d’aller rejoindre sa famille pour les aider et que je marcherai jusqu’a mon hotel !! C’est avec regret que j’ai su mercredi matin qu’il avait perdu sa femme et ses 2 enfants !!

Mon hotel fut la seule des hotels epargne a Haiti selon les dires ! Il y avait 3 medecins a mon hotel et avec ces 3 medecins et la proprio nous avons decide de preparer une urgence pour recevoir les blesses haitiens ! Vous me connaissez ca c’est organiser assez rapidement nous avons utiliser tout se que nous pouvions trouver a l’hotel pour etre prêt, genre les draps pour faire des bandages, des pattes de chaises de bois pour faire soutient des membres casses des gens, tampax pour faire des gaz et j’en passe !! Nous avons monter une belle logistique !!

De 19:00 a 7:00 pendant 12hrs nous avons recu les blesser c’est irrealiste se que ces 3 medecins et nous avons fait sans relache pendant 12heures nous avons soignes au dessus 200 personnes. Des cranes ouverts, des os de james, bras et autres sortis de la peau et j’en passe !! Nous n’avons pas pu tous les sauves, 2 Haitiennes sont mortes ds mes bras. L’adrenaline et le sang froid mon bien aider et oui mon sens de l’organisation aussi !!

Grace a l’ambassade Canadienne et a l’armee les canadiens avons ete evacue ! Ils ont fait un travail remarquable ! Je suis en direction Rep dominicaine et ontario demain Vous avez pas idee de la chance que nous avons d’avoir ce previlege !!!!!!

Je quitte avec remord je laisse ces pauvres gens dans une misere inimaginable mais je crois que j’ai fait tout se que je pouvais. Je profite de ce message pour vous demander d’aider ces gens de la facon que vouz pourrez. Nous sommes previlegies de vivre au Quebec et au Canada !!

Je crois aussi que je j’ai perdu quelqu’un de tres cher ds cette tragedie mais je ne peux pas le confirmer !! Desole pour les fautes mais la ca fait 45hrs que j’ai pas dormi !!

Merci pour votre support Richard M."

- De Olivier Thouret, ancien responsable du MIDADE (Mouvement international d’apostolat des enfants), qui a accompagné les Klib timoun, (Clubs d’enfants)

"Bonjour,

...Je pense aux Klib Timoun Kè Kontan que j’ai rencontré à Vérette, à Jacmel. Je pense à Port aux prince. Je pense au peuple Haïtien. Qu’est devenu le centre de formation à Vérette mis en place par les Klib Timoun. Que sont devenus tous ces visages d’enfants, de responsables des Klib Timoun. Je voudrais leur dire ma solidarité et mon impuissance. Comment le MIDADE pourrait le leur dire ?"

Une réponse se trouve dans un message du 15 janvier , avec l’adresse mail de Bertrand Jean-Milus, pour les Clubs de Verrettes et Pierre-Payen. JP.


INFO

- Les Haïtiens du Gâtinais envisagent de se rencontrer bientôt.

Contact : Jowel EXANTUS : mail : ejowel@yahoo.fr


MESSAGES DU 13 JANVIER

- Message de Talégrand Noël, le 13 janvier

« On a l’impression que le sort s’acharne sur nous et que la nature voudrait en finir avec Haïti… Les premières images de ce dernier tremblement de terre sont tout simplement insupportables, révoltantes. Mardi soir je me suis arrêté à l’Archevêché de Port-au-Prince pour rendre visite à Mgr Serge MIOT. Il a été retrouvé mort sous les gravats ainsi que le Père BENOIT, son Vicaire général.
Après de multiples tentatives j’ai réussi à joindre un centre d’appel non on de l’aéroport de Port-au-Prince. Il m’a décrit comme apocalyptique ce qui se passait autour de lui. Il m’a dit qu’il s’était réfugié dans une voiture avec les membres de sa famille. Tous les autres contacts sont injoignables. Je vous transmets le message reçu enfin du Père André SIOHAN, de la Communauté des Pères de St Jacques.
Un ami du Centre informatique de Gros-Morne (nord-est) où habite ma famille m’a appris que sa région a été touchée, mais qu’il n’y a pas de dégâts. Pas de communication, ajoute-t-il.
Le pire est à venir… »

- Message du Père André S , à Port-au-Prince, le 13 janvier

« Je suis vivant, tout comme le Père Le B (responsable des Pères de St Jacques), mais beaucoup de morts et de blessés. On n’en peut plus.
Potoprens kraze : pa gen palè, katedral, séminè, elatriye. (Port-au-Prince est écrasée : plus de Palais National, de Cathédrale, de Séminaire, etc. »


COMMENT AIDER ? COMMENT AIDER ? COMMENT AIDER ? COMMENT AIDER ?

- Par quel organisme sérieux envoyer des fonds (uniquement de l’argent) ? Puisque le Collectif Haïti de France, auquel se rattache notre Association Haïti Soleil d’Espérance, fait savoir qu’il n’a pas vocation a collecter des fonds, nous pouvons faire confiance aux organismes officiels cités dans la presse. Néanmoins je peux conseiller les trois organismes nommés ci-après.
Voir aussi réponse du 17 janvier : ne pas faire de dons en nature. Jacques Pissier

a. Le Service de la Mission, service officiel de l’Eglise de France. Voici son message : « …Nous nous proposons de participer à la solidarité en faveur d’Haïti et de ses habitants, par l’intermédiaire des Pères de Saint Jacques qui assureront le transfert des fonds et le bon usage sur place. Faire parvenir des dons à l’ordre de : CEFAL (Haïti), et adresser les chèques à : Service de la Mission « Pôle Amérique latine » 58 avenue de Breteuil 75007 PARIS Nous vous remercions d’avance pour cette solidarité. Très cordialement. Père Philippe KLOECKNER Responsable du Pôle Amérique Latine, le 13 janvier 2010 »

b. Le [Secours Catholique->http://www.secours-catholique.org], pour une aide d’urgence et des projets de développement.

c. Le CCFD, pour des projets à plus long terme.

- Note : Communiqué du Collectif Haïti de France, Haïti Mobilisation 2010

"...Face à cette tragédie, le Collectif Haïti de France, regroupement d’associations franco-haïtiennes, rappelle que sa structure : * ne dispose pas de la logistique nécessaire pour intervenir dans l’urgence (ce que savent faire les organismes internationaux et gouvernementaux), * n’a pas vocation à acheminer les premiers secours : nourriture, vêtements, médicaments…

mais le Collectif Haïti de France : * veut continuer à investir dans des programmes de développement durable, * veut renouveler sa confiance à ses partenaires haïtiens * souhaite participer avec eux à la reconstruction du pays

A cet effet le Collectif Haïti de France invite tous ceux qui souhaitent aider les Haïtiens, à participer financièrement à la réhabilitation (bâtiments, équipements etc.) et à la mise en place de programmes qui permettront de dynamiser l’économie et d’aider la population haïtienne à disposer de revenus. Le CHF s’engage à informer tous les donateurs de l’utilisation qui sera faite des contributions collectées. Ils seront affectés aux besoins exprimés par nos partenaires haïtiens, après premier bilan."

- Une adresse locale :

ASSOCIATION HAÏTI SOLEIL D’ESPERANCE

La Rivière 45700 PANNES
Contact : isacathe@yahoo.fr ou doyenne.montargois@orange.fr qui fera suivre.


PRIER

- Une prière

Seigneur, entends la longue plainte du Peuple Haïtien.

Il n’en finit pas de souffrir ta passion :
Né dans l’esclavage,
grandi sous les dictatures,
laissé à la traîne du développement,
victime de l’incurie de ses chefs,
de cyclônes à répétition,
et maintenant ébranlé dans ses fondations.

Il est riche pourtant
de sagesse, d’arts et de culture,
de non-violence et ténacité,
de confiance en Toi,
vivant dans ses Communautés chrétiennes.

Sois sa force, son courage, sa solidarité, son espérance.

Vous pouvez ajouter la vôtre.


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Pour toute information :

Paroisse de Montargis

22 rue de Triqueti à Montargis

Tel : 02 38 85 27 43

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Un Doyenné, dans l’Eglise catholique, est une circonscription qui regroupe un ensemble de paroisses qui mettent en commun leurs objectifs et leurs moyens. Il est animé par un doyen et une équipe de coordination. Le Diocèse d’Orléans compte actuellement 17 Doyennés .